Mon cher PMO
L’un des des destinataires de tes messages m’a transmis le message suivant, auquel je répond
Conformément aux lois en vigueur, qui s’applique également sur internet, je te mets en demeure de diffuser ce droit de réponse à toutes les personnes auxquelles le message initial a été adressé.
Le débat ce n’est pas le monologue, d’autant plus que tu n’avais pas le droit de diffuser mon précédent message sans mon autorisation, c’est une violation du secret des correspondance entre "pmo" et moi et une violation de mon droit d’auteur. Je n’ai pas écrit à une liste, puisque courageusement et dans la plus pure tradition de la pub commerciale tu ne permets pas aux destinataires de ta parole, réduits à l’état d’objets passifs, de te répondre. J’ai écrit à une adresse individuelle, je suis donc resté propriétaire de mon message et tu n’avais pas le droit de le diffuser sans ma permission.
J’ajoute que je considère comme une pratique fascisante de mêler ma profession au débat politique, tu ne le ferait pas pour une autre profession, alors lâche moi l’épitoge de ce coté, ça pue le sarkozisme à plein nez.
Henri Balmain
Original Message ----- From : PMO To : pmo Sent : Monday, January 02, 2006 9:17 PM Subject : Lyon Turin, les Verts et le développementduraille
>Le 8 décembre 2005 le juge
je suis aussi amoureux de ma femme, alpiniste, macintoschien, internaute et webmestre, jardinier, bricoleur, lecteur de BD, de poésie et de romans policiers, militant associatif, syndical et politique, je couds et je tricote, et je suis même arctophile à mes heures. Qu’est-ce que le juge vient foutre dans un débat politique ?
>Henri Balmain, président des Verts-Isère
je n’ai jamais été président des Verts-Isère mais seulement des Verts-Grenoble, je n’exerce plus aucune responsabilité aux Verts-Isère ou Grenoble faute de temps depuis plusieurs années. Je suis par contre responsable de la commission nationale "justice" des Verts et participants actif au courant Regain, dit "de la gauche des Verts", avec mon ami Gérard Leras et d’autres.
Cette erreur sur le titre de président des Verts-Isère jointe au "juge Balmain" évoque pour moi une réminiscence d’un certain article d’Objectif Rhône-Alpes auquel j’avais répondu en son temps (cf http://freenours.org/article.php3 ?id_article=5) mais là au moins il s’agissait de mon activité professionnelle.
On fait les poubelles de la presse bourgeoise, mon cher PMO ?
>demandait à PMO de le rayer "de la liste d’envoi de vos spams malhonnêtes".
Inscrire les gens sans leur accord préalable sur une liste d’envoi est en effet du spam, ni plus, ni moins. Et encore plus quand un lien de désabonnement qu’il suffirait de cliquer ne figure pas systématiquement dans le footer de chaque message. Même les publicitaires savent ça, mon cher PMO.
C’est en outre une infraction pénale au titre de la loi "Informatique et Libertés" par constitution d’un fichier nominatif non déclaré à la CNIL, infraction passible de sanctions correctionnelles.
>Motif de ce courroux : un appel d’opposants au Lyon-Turin à manifester contre la >position des élus Verts français en faveur de ce projet et du ferroutage. Selon cet >appel relayé par nos soins, "Aucune vallée au monde ne mérite d’être sacrifiée au >trafic de marchandises (ferroutage) ni au passage de 300 TGV par jour."
Certes, mais mon cher PMO, tu oublies juste de dire comment on fait concrètement pour faire baisser le trafic de marchandises.
Trafic qui, en société démocratique, se fera de toute façon au plus facile, par la route, si des politiques publiques énergiques en sens contraire ne sont pas menées par des responsables politiques écologistes.
Ça me rappelle l’ineffable Arlette Laguillier et son célèbre "yaka interdire les licenciements". Le grand Yakafôkon a encore frappé !
Yaka interdire les camions, donc. Et après on envoie les gendarmes arrêter les chauffeurs et les mettre dans des camps ? QUI va envoyer les gendarmes pour interdire le passage des camions, mon cher PMO ? Berlusconi ? Villepin ? Sarkozy ?
Pas les Verts en tout cas, les gendarmes nous rigoleraient au nez, et ils auraient raison.
>L’honnête réponse du juge Balmain :
le " juge Balmain " emmerde le courageux anonyme sans profession déclarée auteur de ce message. Voir plus haut les raisons.
>"n’importe quoi ! >Les Verts sont pour mettre les camions sur les trains, par pour le >Lyon Turin voyageurs ! >Mais quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage ... Mieux >vaut s’en prendre aux Verts français qu’à Berlusconi >Navré >Henri Balmain" >On notera qu’Henri Balmain n’est pas pour le ferroutage ; lui et les élus Verts >désirent simplement "mettre les camions sur les trains". Nuance.
on parlait de principe, pas de technique. Le choix n’est pas entre les transports ou rien, il est entre les trains "ou" les camions. L’option "moins de transport" n’est pas proposé en l’état actuel des rapports de force politiques. Désolé, mais à partir de là, soit on manifeste jusqu’à ce que les gens lassés rentrent chez eux, soit on essaye autre chose, effectivement aussi dans les institutions.
Oui je sais, politique, encore un gros mot. C’est tellement mieux de se taper le cul par terre en psalmodiant rituellement "grand yakafaucon, moins de transport s’il te plaît"
La question n’est pas ce qu’il faudrait, mais "comment" on y arrive. C’est, à mon humble avis, sûrement pas en embarquant une lutte de masse dans un impasse comme celle dans laquelle vont se trouver à bref délai les italiens : les camions sont là, et on ne pourra les empêcher de passer dans l’immédiat qu’en mettant les marchandises sur des trains. Et donc en construisant une ligne quelque part, et une ligne avec un profil pour trains de marchandises et pas un profil pour trains de voyageurs. Et le seul endroit disponible, apparemment, c’est le Val de Suse.
Ni les Verts français ni la région Rhônes-alpes ne veulent d’un TGV, et c’est effectivement malhonnête, à moins que ça ne soit qu’étaler son ignorance, de mettre le TGV sur le dos du coté français des Alpes. Le TGV est une idée et un projet italien.
De même, il est aussi malhonnête, ou démonstratif de son ignorance, de soulever le problème de l’amiante, alors que les travaux récents au St Gotard et au Fréjus se sont faits exactement dans le même type de terrain amiantifère, et que cela n’a pas posé de problème particulier. Percer des roches amiantifères en sécurité pour les travailleurs et pour les populations, le BTP sait faire depuis belle lurette. L’amiante, et je connais pour y être confronté à titre professionnel, ce n’est pas dangereux quand ça reste solide ou confiné dans du solide. Nous avons tous de l’amiante inerte inoffensive dans nos logements dès qu’ils sont un peu anciens, dans les colles de revêtements de sols par exemple.
De même il est aussi malhonnête, ou démonstratif de son ignorance, de vouloir faire passer les marchandises par la voie ferrée existante au nord des Alpes, alors qu’elle ne pourrait prendre au maximum que le cinquième du trafic Italie/France actuel, sans même parler des augmentations prévisibles.
Quand à cette pauvre petite vallée du Val de Suse, elle est plus large que le fond de la Maurienne ou que la cuvette grenobloise. C’est pas une raison, certes. Mais il y a aussi, de toute évidence un syndrome NIMBY dans cette affaire, comme si nos basses vallées alpines n’étaient pas, d’abord, par nature et par destin géographique, des couloirs de circulation. Le Val de Suse a été pendant des siècle l’un des passages traditionnels des armées françaises allant faire la guerre en Italie, ce n’est pas à ma connaissance une haute vallée bucolique comme Chamonix.
Tant qu’on n’aura pas les moyens concrets réels d’arrêter ou même de réduire les fluxs de marchandises, le moins dommageable, c’est le train de marchandise, sur une voie le plus possible enterrée.
>En novembre 1997 Dominique Voynet, ministre Verte de l’Environnement, >autorisait la culture de maïs transgénique à la fureur des militants anti-OGM, y >compris les "Verts de la base". >Décembre 2005 : Gérard Leras, élu Vert de Rhône-Alpes, donne à Berlusconi des >leçons de communication en faveur du TGV Lyon-Turin. On attend avec curiosité >la réaction des "Verts de la base".
L’opposition base-sommet fait partie des archétypes éculés du populisme, y compris de gauche. Les Verts on procédé à une analyse collective de leur passage au gouvernement et en ont conclu très majoritairement qu’ils auraient du quitter le gouvernement en 2000 lorsque il est devenu clair que la loi sur l’eau ne serait pas soumise au Parlement. Gérard est un des animateurs de la nouvelle majorité des Verts, critique sur cet aspect des choses.
Mais c’est vrai que c’est sale, la politique ! Mieux vaut rester dans les mouvements, on n’aura pas de politiques à mener, mais au moins on ne se fera pas engueuler par les copains.
>Hélas nous donnons aujourd’hui à Henri Balmain d’autres raisons d’être navré.
Je suis navré de devoir te dire, mon cher PMO, que tu es une démonstration de malhonnêteté intellectuelle dans ton attaque des Verts. Que les Italiens pensent ce qu’ils pensent parce qu’on ne leur a pas forcément tout dit, ni sur les termes réels du débats ni sur les positions des Verts français et de la région Rhône-Alpes, c’est une chose, et c’est dommage. Mais de ce coté-ci des Alpes, l’ignorance n’est pas excusable.
C’est de ça que je suis navré, parce que je pense que nous avons respiré les mêmes lacrymos lorsque on abattait les arbres du parc Paul Mistral, et que, tous comptes faits, tu m’étais plutôt sympathique même dans tes outrances.
Et je suis navré que mon statut professionnel m’interdise de participer à ta réunion de Chambéry. J’espère au moins que j’aurais eu le droit d’y parler, et que les Verts qui le voudront pourront y parler.
Je me consolerais en allant tracter à Grenoble sur les banlieues.
Henri Balmain Vert en Isère