Adeu, Pierre

jeudi 2 février 2006.
 

Le chaps est sorti de la vie par la case "montagne" par une belle matinée d’hiver.

J’avais fait tardivement sa connaissance lorsque, découvrant en 1998 à Autrans que je m’intéressais aussi à la montagne, Paul Keller m’avais demandé de faire bénéfier l’OPMA de mes modestes compétences juridiques.

On s’était cotoyé dans quelques réunions et quelques échanges électroniques, notamment lors du suivi de la loi Buffet, pour essayer d’expliquer au "grand public" que le risque est inhérent à la montagne comme à la vie, mais que c’est pas une raison pour s’en priver ou pour tout réglementer.

Le petit alpiniste que je suis étais très impressionné de cotôyer tous ces grands !

Et puis, un jour à la Grave dans une crèperie j’ai entendu une voix chaleureuse dire d’un ton, à la fois surpris et content, "mais c’est l’Henri". Et ce fut la découverte que nous avions en commun Fred, et le modeste mais si chaleureux logement qu’il partage avec Jeanne à St Christophe. Là je l’ai un peu mieux connu et apprécié, partant ou revenant de course avec Fred, ou le croisant à La Bérarde lors des fêtes locale, tenant même à l’occasion ensemble un stand de librairie pour vendre ses ouvrages et ceux de Fred (et Jean-René), l’année de la sortie du petit livre de Fred et Danielle.

J’avais su par Fred son accident cardiaque. Il m’avait ensuite manifesté son angoisse de devoir, peut-être, renoncer à la montagne malgré tous ses désirs apparemment intacts. Il s’était déjà progressivement détaché de l’activité de l’OPMA, sans se fâcher avec personne, simplement il s’occupait d’autre chose et aussi, peut-être, n’y croyait plus trop. On se croisait toujours de temps en temps chez Fred et Jeanne.

Fin décembre, j’avais découvert son blog, je ne sais trop comment, en suivant des liens à partir d’une recherche sur le mot "cascade". J’avais tout parcouru avec avidité, et j’attendais la suite avec impatience.

Et puis, dimanche soir, en rentrant de Paris avec Danielle, le message de Bernard Amy. ll n’y aura pas de suite...

Mardi, à Gilly sur Isère, nous étions 500 pour te dire au revoir, en nous disant que ça nous pend aussi au nez à tous. Mais cela, tu l’avais déjà magnifiquement expliqué, et aussi que ça nous empêcherait pas de retourner en montagne, en pensant à toi avec bien plus d’affection que de tristesse.